Le plus humblement du monde, je dois vous avouer que je ne comprends pas toujours l’utilité d’écrire ces billets. Je les lance souvent comme une bouteille à la mer, espérant follement que quelqu’un, quelque part, entendra le message.

Plus égoïstement, je crois qu’ils me servent d’exutoire pour m’empêcher de sombrer dans la folie qui m’entoure.

Car, si la folie est de répéter sans cesse les mêmes erreurs en s’attendant à des résultats différents, il faut prendre conscience que vivre sur cette planète représente souvent un défi de taille pour quiconque aspire à garder un certain équilibre mental.

J’essaie tant bien que mal de ne pas me laisser envahir par mes préoccupations environnementales, alors que chaque jour, ou presque, un nouveau rapport scientifique nous rappelle l’urgence de la situation.

À l’intérieur de moi, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec ce cancer qui a emporté ma sœur en juin dernier.

Pendant plus de cinq ans, nous avons vécu avec elle, d’espoir en espoir, jusqu’au moment où nous avons dû malheureusement nous faire à l’idée que la fin de l’histoire ne serait pas celle que nous aurions tant espérée.

Notre planète est atteinte, elle aussi, d’une maladie qui semble incurable et qui tue des millions de vies chaque année. Pourtant, notre obsession de la croissance économique à tout prix nous empêche de concevoir que nous ferons face, d’ici quelques années, à un effondrement de la civilisation telle que nous la connaissons. 25 ans ? 50 ans ? 100 ans ?

Comme dans cette chanson des Cowboys Fringants qui date de 2004 ;

Et par la suite pendant toute une décennie
Ce fut les ouragans et puis les incendies
Les tremblements de terre et la grande sécheresse
Partout sur les visages on lisait la détresse

Les gens ont dû se battre contre les pandémies
Décimés par millions par d’atroces maladies
Puis les autres sont morts par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches…

Jusqu’à c’qu’il n’y ait plus rien…
Plus rien…
Plus rien…

Alors, même si je comprends celles et ceux qui refusent d’admettre les réalités difficiles à assumer, il m’arrive de me demander : si nous connaissions la date exacte de la fin, est-ce que nous serions plus réactifs ou est-ce que nous continuerions de faire comme si tout était normal?

Aujourd’hui, à travers cette crise du coronavirus, certains y voient une occasion en or de revoir l’ensemble de nos priorités, vraiment ?

Personnellement, je n’y crois pas.

Cette pandémie avait été prédite par des dizaines de personnes depuis plusieurs années. L’effondrement des systèmes économiques qui s’en suivrait également. Rien dans cette histoire, ni dans celle qui suivra, n’a pas déjà été prédit et analysé. Cessons de penser que nous sommes si inventifs, intelligents, supérieurs. Nous ne sommes que prévisibles, calculables et modélisables. À tel point que plusieurs favorisent maintenant le développement de l’intelligence augmentée comme remède à ces limites.

Depuis les années 70, nous connaissons ces limites à la croissance et pourtant nous semblons incapables de changer le cours de notre histoire.

Vous pensez que ce n’est pas le temps de parler de tout cela. Moi je pense au contraire que ce moment peut devenir un tournant, ou pas, selon les actions que nous mettrons en place.

Car la plus grande menace à la vie sur cette planète, c’est de penser que quelqu’un d’autre la sauvera.

Alors, il serait peut-être temps de nous mettre en action avant que l’on nous impose encore les mêmes solutions, réfléchies par les mêmes personnes au nom de la sacro-sainte croissance économique.

J’invite donc celles et ceux que cette bouteille à la mer interpelle, à venir me rejoindre dans ce groupe Facebook , d’où nous travaillerons à réfléchir des actions de transition socio-écologique. Une initiative sans prétention qui nous permettra peut-être de mettre en place certaines solutions basées sur une logique d’anticipation des enjeux, mais également des opportunités donc nous pourrions profiter.

À ce sujet dans mon prochain billet, je vous dirai pourquoi je pense que nous vivons dans l’un des meilleurs endroits au monde pour s’adapter à ce qui viendra.

En attendant, je vous souhaite bon courage.

Au plaisir d’échanger avec vous.

Jean